Ces femmes qui préfèrent les hommes

Les femmes qui préfèrent les hommes sont-elles toutes des pick me, ou y a-t-il une autre explication ? Cas pratique avec deux femmes de ma connaissance.

Je connais deux femmes qui, au premier abord, auraient tout pour s’entendre.
Chacune haute comme trois pommes, elles ont en commun l’hébergement express de mon cul SDF, l’amour des animaux, et… l’appréciation de la gente masculine. Au point de n’avoir que très peu d’amitiés féminines.
Sauf que leurs ressemblances s’arrêtent là. Si ces deux femmes paraissent divines à vos yeux, une seule mérite l’accès au Panthéon.

La féminité, ce n’est pas que trousses de maquillage et jupes courtes

Svetlana, comme nous appellerons la première, fut l’une de mes très rares « amies » à réellement se sacrifier pour me sauver la vie. Alors que je dépérissais de la pauvreté dans la France de Macron, sans domicile ni nourriture, elle m’ouvrit sa porte dans un spectaculaire élan de générosité. Tout comme elle l’avait fait pour un chien, trois chats, des hérissons, des escargots… Elle sauve jusqu’aux œufs des araignées éclosant par centaines dans sa maison. Quand elle déménage, elle emmène les arachnides avec elle dans des boites en carton. Comprenez bien qu’aucun animal se sera jamais anéanti en sa présence. Même pas dans son assiette : elle est végétarienne, même depuis plus longtemps que moi – et j’ai coupé net ma consommation de viande à 10 ans.

L’impact de la consommation de viande sur le climat


L’amour animal est si fort chez Svetlana qu’il la conduit à se jeter régulièrement dans la gueule du loup. De sa dimension de lutin, elle n’hésite jamais avant d’aller se battre avec des hommes vingt fois plus hauts qu’elle, quand ceux-ci commencent à battre leurs chiens en public. Svetlana est un exemple pour l’Humanité toute entière. Je l’idolâtre depuis notre rencontre, il y a de cela une décennie. Quand on m’a demandé le nom d’une personne que j’admire, une fois, c’est le sien que j’ai donné. Pour ces raisons de courage sans limite – et pour d’autres.

De fait, Svetlana n’a peur de rien. Plus exactement, elle affronte ses angoisses droit dans la face. Une journée tout ce qu’il y a de plus normale dans sa vie commence perchée sur une moto sportive lancée à 200 km/h. Elle dirigera en général sa bécane jusqu’à un aéroport, où elle choisira entre piloter un avion ou en sauter en parachute. Pas satisfaite d’avoir déjà géré comme une Reine, Svetlana ira ensuite faire une petite randonnée de 20 kilomètres avant d’achever sa journée au bar, à avaler 4 litres de vodka sans broncher.

Ce qui est étonnant, considérant la superpuissance féminine qu’est Svetlana, c’est qu’au bar, elle sera volontairement entourée d’une dizaine d’hommes.

De l’importance de la sororité – Mademoiselle Culotte

Je suis l’une des très rares femmes dont Svetlana apprécie l’amitié. Au passage, notez bien que je suis tout sauf une représentatrice conventionnelle du genre féminin. Mon activité préférée, c’est de me faire courser par des acteurs armés de tronçonneuses dans des Escape Game d’horreur.
Détail : en général, c’est Svetlana qui vient me libérer quand ils m’enferment dans des cachots obscurs.

Ainsi donc, Svetlana n’est pas du genre à attendre le secours d’un homme. Comme elle s’entraîne déjà au tir et au Krav Maga, c’est plutôt les hommes qui devraient s’inquiéter quand ils la croisent. Une Svetlana énervée est l’équivalent d’une bombe nucléaire en pleine explosion. Courez, et ne la regardez pas en face.
A ce stade, vous vous demandez certainement comment elle trouve la patience de traîner avec des hommes.

L’explication viendra, mais d’abord, je dois vous parler de Manoela.

POUR LES HOMMES… OU CONTRE LES FEMMES ? Telle est la question.

Manoela aussi aime les animaux, surtout les hommes. Là s’achèvent les similitudes. Bien qu’ayant le même âge que Svetlana, Manoela, elle, ne poursuit pas les mêmes buts dans la vie.
Déjà, parce qu’elle n’a pas d’objectif. J’entends bien aucune aspiration dans l’existence. Au niveau professionnel, Manoela se fait systématiquement renvoyer de ses jobs au bout d’un mois, et n’en retrouve plus pendant des années. Svetlana, pour sa part, est suppliée par ses patrons de rester en CDI. Elle les fuit cependant comme la peste après avoir assuré sa prime de précarité.
Une vraie Reine sait qu’on ne vit pas pour travailler. Svetlana bosse pour assurer sa vraie vie, ses passions, et les frais médicaux de ses animaux.

Manoela travaille – rarement – pour s’acheter des vêtements et se payer des soirées au bar où elle pourra draguer la moitié de la clientèle.
Bien évidemment, je ne fais pas dans le slut shaming. Néanmoins, je suis à fond derrière l’humiliation en place publique des personnes déloyales. Ce qu’est Manoela.
Pour peu que vous ayez quelques cellules grises intactes, vous vous souvenez que Manoela m’a déjà hébergée quand j’étais en galère. Avant que vous ne criiez à l’ingratitude, laissez-moi vous présenter les faits.

J’ai rencontré Manoela sur un bateau, près de Rio de Janeiro. J’étais en galère de cigarettes. Je pleurais, bien sûr, le manque frappant fort sous le soleil de plomb. L’eau cristalline n’avait que faire de mes larmes. Le peuple brésilien pas fumeur non plus.
Manoela la Brésilienne était elle-même sur ce bateau quand mes amis sont allés la trouver, quêtant une clope. Son mec de l’époque, un psychopathe dont j’ai déjà raconté l’histoire dans Omertà, mon livre, m’a libéré de mon manque nicotinique. Et nous avons formé une amitié, toutes les deux.
Amitié qui me conduira à vivre dans sa famille pendant plusieurs mois, au cours des deux ans qui suivront. Les détails, vus sous le prisme de mes lunettes roses de l’époque, se trouvent par ici.

Je vous aviserais de lire mon livre et de revenir terminer cet article ensuite. Vous comprendrez mieux mon état d’esprit de l’époque. Vous percevrez certainement pourquoi, pendant longtemps, je n’ai pas vu qu’un monstre pouvait en cacher un autre.
Occupée par le front de la bataille contre son psychopathe de petit copain, je n’ai pas discerné le danger que Manoela elle-même représentait.

Les vampires existent, ils portent juste d’autres noms

Manipulateurs, menteurs, voleurs d’énergie, suceurs de vibrations.
Psychopathes, sociopathes, narcissiques, égocentriques exacerbés.
Ils sont effectivement partout autour de nous. Dans ma famille d’origine et dans ma famille brésilienne y compris. Je les attire, ce qu’on a déjà vu dans Omertà ; problème, si je sais les reconnaître, la pauvreté m’empêche encore de les fuir.

Mes premiers mois en compagnie de Manoela, comme j’affrontais un psychopathe en puissance, je le pensais entièrement responsable pour mon énergie à plat. J’étais constamment enfermée avec lui, incapable de sortir, dans un espèce de brouillard anxieux permanent. La dépression me prenait à la gorge. Je me perdais dans la lutte.
Ayant finalement réussi à vaincre l’ennemi et le sortir de nos vies, j’ai cru mes problèmes terminés. Quand j’ai constaté que l’anxiété et la dépression demeuraient, j’ai continué de blâmer l’ex de Manoela. Le péril avait été si long et si grand… Le pire était devant moi, je devais retourner dans le purgatoire qu’est la France. Je n’avais pas le temps de m’interroger.

@eo.nomine

Je suis une survivante, et vous ne savez pas ce que ça m’a coûté.

♬ son original – Eo-Nomine


Revenue au Brésil après l’épreuve du feu, j’ai retrouvé Manoela. Elle était en couple avec un nouvel homme. Ancien crente (religieux extrême, souvent évangélique), comme on dit en portugais, il avait renoncé à l’église pour s’en remettre tout entier à l’anxiété. D’un calme et d’une retenue parfaits, il passait la majorité de son temps silencieux. Pas menaçant pour un sous. Juste, plongé dans les affres de ses tourments intérieurs.
Ce qui ne correspondait pas à ce que Manoela me sortait alors que je survivais à la France de Macron.
Jamais inquiète pour ma situation de mendiante à la rue – quelle confiance dans mes capacités de survie, ça me toucherait presque – elle me racontait alors qu’il la battait. Qu’il était d’une jalousie à étouffer un incendie. Qu’il ne la laissait parler à personne.
Imaginez ma surprise quand j’ai vu Manoela, 1 mètre 50 maximum, frapper cet homme anxieux de près de deux mètres. D’une claque « pour rigoler », bien sûr.

Oui, les femmes aussi peuvent maltraiter les hommes

Attention, c’est rare. Des hommes qui battent des femmes, je vous en trouve à chaque coin de rue. Pas tous les hommes, mais un nombre affolant de ceux-là, hein.
Maintenant, des petites femmes qui frappent leurs mecs musclés issus des favelas, c’est moins commun mais ça existe aussi. La preuve.

La violence conjugale en France

Horrifiée, j’ai donc assisté de mes propres yeux à une femme s’opposer à la lutte féministe. Femme qui ment sur des violences conjugales et s’en rend, en plus, coupable, dessert la lutte tout à fait nécessaire des féministes. Elle discrédite les voix déjà assourdies de nos sœurs réellement victimes des pires injustices.

De plus, alors que je passais mes soirées en la compagnie de Manoela, je la voyais de facto tromper son homme. Si elle n’était pas en plein échange de messages dragueurs avec des péquenauds quelconques, elle m’emmenait passer la nuit au bar avec un autre de ces ex. Bien entendu, elle me faisait promettre de ne rien dire à son mec actuel. Pire encore, j’étais chargée de lui assurer que oui, bien évidemment, nous étions demeurées seules et sans compagnie masculine.

Manoela me faisait donc mentir. Ce que je hais au plus haut point. Une fois de plus, j’ai sorti un livre entier dans lequel j’avoue mes propres crimes. C’est vous dire.

J’étais profondément dérangée par la perspective de devenir menteuse pour le service de ma pote, qui s’avérait finalement manipulatrice. Peu à peu, je réalisais qu’elle ne m’hébergeait pas par bonté d’âme. J’étais un alibi lors de ces nombreuses incartades. J’étais la complice silencieuse de ses tromperies. J’étais l’oreille généreuse, toujours prête à l’écouter pleurer sur ses hommes. Que ceux-ci soient de dangereux individus ou non, d’ailleurs. Elle avait beau les adorer, elle cherchait toujours le suivant pour son harem secret. Le plus instable possible, de préférence.

Sa mère, ses deux tantes et moi voyions donc défiler les psychopathes dans la maison familiale, et ses larmes couler.

Comment reconnaître un homme ou une femme psychopathe

Les traumatismes font les personnes, en bien comme en mal. Les privilèges en font des coquilles vides.

Détail qui a son importance : Manoela a grandit dans une famille exclusivement féminine. Trois femmes tiennent la barque. Deux anciennes professeures, et tante Grazie, qui a l’époque était l’une des rares femmes dans une compagnie brésilienne particulièrement masculine, donc machiste à souhait. On ne peut pas dire que Manoela ait appris à idolâtrer les hommes au contact direct de ces derniers.

Mais elle n’a pas appris à les haïr non plus. Puisqu’ils n’étaient pas là à la détruire à petit feu, dans sa propre maison, depuis le début. Puisqu’elle n’a jamais eu besoin de s’inquiéter de l’impact de la violence masculiste, promulguée par un système patriarcal contre nature.

Pourquoi le matriarcat est une bien meilleure société – Vice

Et c’est là que nous retrouvons Svetlana, notre héroïne française.

Svetlana, elle, a élevé son mental entre deux sœurs et une mère. Une fois de plus, une compagnie principalement faite de femmes. Une famille composée d’une graphiste talentueuse, d’une chanteuse extrêmement douée, d’une journaliste et écrivaine accomplie.

Un nouveau point commun entre les deux femmes, donc .

L’ABSENCE DES HOMMES POUSSE LES FEMMES A LES DEFENDRE ?

Il est indubitable que quand on a peu à subir des violences masculines, on a beaucoup moins tendance à s’en offusquer. Il en va de même avec quelque trauma que ce soit. Vivre entouré(e) de femmes est un privilège et une protection, qui rend l’aveuglement possible face aux mésactions des hommes. Plus difficile, en effet, de ne pas s’en apercevoir quand ils nous tabassent et nous violent dans nos propres maisons.

Statistiques du Ministère de l’Intérieur.
A prendre avec un grain de sel : une bonne partie de nos politiques et organes de justices sont eux-mêmes corrompus par un nombre effarant de violeurs et pédophiles.

Il est intéressant d’observer que Svetlana et Manoela ont donc, de par l’existence de leurs familles féminines, été protégées des hommes. Et que cette même protection les a apparemment rendues amères face aux femmes.

Bien qu’étant moi-même féministe, je vais accorder à Svetlana une certaine validité dans ce qu’elle m’a dit un jour.

« Je préfère traîner avec des hommes, parce qu’avec eux tout est plus simple. Et nous les femmes… nous pouvons être bien pires qu’eux. »

Il est exact qu’une femme décidée à basculer vers le mal sera infiniment pire qu’un homme, en général. D’un homme, nous attendons déjà le pire. D’une femme, nous attendons le meilleur (charge mentale, je crie ton nom), et sommes donc bien démunis quand elles virent démoniaques. Les femmes sont plus intelligentes, plus fortes, plus humaines que les hommes, dans leur globalité. Par conséquent, elles sont aussi bien plus dangereuses.

Je donnerais pour exemple ma propre mère, narcissique. Mon père a beau être un sociopathe, des deux elle est la plus menaçante.

Là où la balance penche, c’est dans les intentions divergentes de Svetlana et Manoela. A moyen égal, à savoir ne fraterniser qu’avec des hommes ou presque, la fin est pourtant totalement différente.

Svetlana cherche des hommes pour leur simplicité en amitié. Ce qui correspond à ma propre expérience dans son groupe d’amis : pas d’embrouilles, tout le monde présent pour passer du bon temps et se charrier. De plus, au cas où vous n’auriez pas encore compris, c’est Svetlana, la cheffe du clan. Les hommes étant à leur place, c’est-à-dire obéissants et guidés par la main d’une femme forte, ils se comportent comme ils le doivent. Pour les anglophones, voici l’explication de ce que j’avance :

@emilarraud1

It’s why all this “alpha male” content/mentality is destroying masculinity for those that fall for it, and it’s terrible to see

♬ Spiritual healing – Red Blue Studio

Les pick-me et les privilégiées du système

Manoela, elle, cherche l’approbation des hommes. Elle ne se trouve que dans leur regard. Elle centralise les hommes dans sa vie. En dehors d’eux, elle n’a pas d’existence propre.

Svetlana, en tant que femme construite et riche de personnalité, n’a pas besoin de se chercher dans les yeux de la gente masculine. Elle les préfère aux femmes, notamment parce que ses hobbies sont traditionnellement masculins… ce qui est la faute du patriarcat. Mais ce qu’elle ne voit pas, parce qu’elle n’y est pas ou peu confrontée. Protégée par une famille féminine, blanche et hétéro, Svetlana subit nettement moins les revers de la société patriarcale qu’une femme noire et lesbienne, par exemple.

C’est grâce aux combats des féministes notamment que la femme a pu se montrer militante et volontaire pour s’écarter de ses activités si superficielles auxquelles on la cantonne.


Ma théorie me pousse aussi à croire que Svetlana refuse de regarder le système en face, ce qui expliquerait son éloignement des schémas classiques et classistes de la féminité.
Parce qu’à l’instant où on ne porte plus d’œillères, on doit combattre. La Suisse de 1940 nous a prouvé que l’ignorance volontaire était une protection. En fermant les yeux, Svetlana s’abrite peut-être bel et bien des conséquences de la violence masculine.

Enfin, j’ajouterai que le patriarcat lui-même pousse à la division des populations féminines entre elles. Svetlana a beau courir, le système est plus rapide et la rattrapera toujours. Mais ce n’est pas en traînant presque exclusivement avec des hommes, et en poursuivant activement la simplicité, que l’on s’en rendra compte. Bien sûr qu’un homme ne va pas compliquer la conversation. Bien entendu qu’avec lui la vie est légère. Parce qu’elle l’est… pour lui.

Les hommes, ces éternels assistés.

Maloena, pour en revenir à elle, recherche activement les problèmes. Je n’aime pas blâmer les victimes, mais elle est tout aussi coupable de violences conjugales que les pires des hommes. Ceux-là même qu’elle ramène régulièrement chez elle. A force de jouer avec la guillotine, le couperet finit par tomber.

Et sa famille la laisse jouer avec la lame, encore et encore.

Ca, c’est le problème de l’enfant-roi. Comme sa propre mère et ses tantes ont affronté l’enfer, de par leur solidarité féminine dans le Brésil extrêmement machiste des années passées, elles la laissent libres de se comporter comme elle veut. Mal, donc. Un enfant unique, surprotégé, qui n’a jamais à assumer les conséquences de ses actes, n’apprendra jamais la responsabilité.

C’est pas moi qui le dit.

Le fait est qu’il y a bien quelqu’un pour remonter la barre, dans la famille de Maloena. Tante Grazie, que j’ai déjà mentionnée. Une femme courageuse, qui dit tout haut ce qu’elle pense, mais qui, hélas, est ostracisée du reste de la famille pour ce même motif.

Etonnant. Le mouton noir d’une famille semble toujours être la seule personne honnête. De la même façon que ma propre famille a tenté de me tuer, encore et encore, pour y avoir dénoncé les crimes et le manque d’humanité, tante Grazie est plus ou moins exilée de ses propres soeurs pour avoir…

Critiqué ouvertement Maloena.

En effet, si je connais Maloena depuis deux timides années, tante Grazie elle la connaît depuis sa naissance. Et pour reprendre ses propres mots :

« Elle a toujours été menteuse et manipulatrice, celle-là. Dès toute petite ! »

Une citation que je tiens d’une récente altercation familiale.

Il y a quelques mois, Maloena s’est séparée de son nouveau compagnon, celui-là même qu’elle avait accusé de la battre alors qu’elle-même le frappait devant moi. Plus exactement, il l’a quittée. Il la suspectait (à raison, n’est-ce pas), de le tromper depuis longtemps. Mais elle le tenait par la bride : elle essayait de tomber enceinte. Elle pensait, d’ailleurs, l’être. De ce qu’elle nous a dit.

Rappelez-vous qu’elle est menteuse depuis la naissance. Foi de tante Grazie.

Quand ses règles sont arrivées, elle a bien été obligée de reconnaître qu’un mini-elle – comme elle le disait, ignorant le fait qu’un enfant, c’est une personnalité à part entière – ce n’était pas pour tout de suite. Son compagnon, probablement soulagé, a profité qu’elle ait menti (encore une fois) sur ses activités au cours d’une soirée au bar pour se séparer de cette manipulatrice invétérée.

Maloena est instantanément allée pleurer en visio auprès d’un de ses exs, en ma présence atterrée. Ce faisant, elle ne cessait, comme d’habitude, de nous dire qu’il exagérait, qu’elle ne le trompait pas, qu’il la quittait sans motif… Ce discours, elle le tenait devant l’un des mecs avec qui elle avait trompé le gars en question. L’audace était au rendez-vous.

J’ai soigneusement fermé ma bouche. Comme d’habitude quand j’étais avec elle, je me sentais vidée. J’avais déjà compris que Manoela était un vampire – comprendre, une narcissique. Je ne suis pas psychologue, mais il n’y a pas de fumée sans feu. Le village entier était plongé dans les cendres.

Le récit d’une rencontre avec UNE perverse narcissique

Les anti-féministes et le narcissisme : un cas d’école

Prenons le cas de Maloena.

  • Peu empathique : on ne l’a jamais vue se préoccuper pour qui que ce soit d’autre qu’elle. Ni pour moi quand j’étais à la rue, ni pour le mec au sujet duquel elle mentait, ni même pour ses propres animaux – à ma connaissance, c’est sa mère qui finance leur train de vie.
  • Manipulatrice : elle ment comme elle respire et m’a fait mentir moi, pour la couvrir elle. Nous y reviendrons pour un final explosif.
  • Manque de culpabilité : même quand elle s’est faite quitter pour avoir trahi à tout va, elle a réussi à se victimiser en sortant calomnie sur calomnie.
  • Faible attachement aux autres : je doute qu’elle soit capable de sincèrement aimer qui que ce soit. Y compris elle-même. C’est d’ailleurs comme ça que commence le narcissisme – par une incapacité à avoir de l’amour propre. Ironique, non ?

Récemment, Maloena a rencontré un nouveau mec. C’est un sport national, chez elle, vous l’aurez compris.
Est-ce qu’il présente tous les signes du mex toxique égocentrique et dangereux, lui-même ?

For sure.

Je n’ai pas senti ce nouvel individu. C’était instantané. Peut-être parce qu’il venait de passer une demi-heure à me mansplainer que « c’est plus facile d’être une femme que d’être un homme, dans ce monde ». Peut-être aussi parce que chaque fois que quelqu’un d’autre essayait d’en placer une, il coupait la parole immédiatement pour reparler de lui. Maloena était occupée à lui faire des yeux de merlant-frit, et à me chuchoter, en anglais – langue qu’il ne parle pas – que, « quand même, quel gars incroyable, il s’occupe seul de son fils ».

Applaudissons les poissons parce qu’ils essayent d’échapper au requin, pendant qu’on y est.

Le brave homme, motivé à éviter la prison au point de s’occuper de son propre rejeton (quel courage), s’était en effet séparé de sa femme deux mois plus tôt. Après des années de mariage, il était déjà de retour en chasse. Maloena s’était trouvé du boulot, ils étaient collègues, l’histoire avait commencé.

J’allais m’y retrouver embarquée bien contre mon gré.

Voyez-vous, de retour à la pauvreté absolue, je suis en train de passer un mois chez Maloena. Chez tata Grazie, pour être précise. Pas seulement pour des raisons d’argent, ne vous en déplaise. Aussi parce que j’ai, moi, de la peine pour tante Grazie, encerclée par les loups dans sa bergerie.

Un soir que j’écrivais mon prochain livre, j’ai reçu un message.

Le Royaume de Macaron, livre dont vous êtes le héros. Sortie en Avril.

« Viens, on va acheter de la drogue. »

La curiosité est un vilain défaut, et je n’en pouvais plus de travailler (oui, l’écriture est un boulot) 12 heures par jour. Je suis donc allée rejoindre Maloena au bar, pensant qu’elle plaisantait.

Que nenni.

Je me suis retrouvée à l’arrière d’une voiture conduite par son nouveau mec, occupé à sniffer de la coke au volant. Evidemment, je ne pouvais pas descendre à cet endroit. En plein milieu d’une favela inconnue ? J’ai mes limites.

Une semaine plus tard, ayant survécu à cette scène sinistre, j’ai de nouveau été conviée à sortir la tête de mes livres et mon cul de ma chaise.

« Je suis seule avec que des hommes. Viens m’aider ! Je suis la seule femme. »

J’y suis allée, de nouveau. J’apprends lentement de mes erreurs, voyez-vous.

Je savais pourtant que c’était totalement de la faute de Maloera si elle était entourée d’hommes. A), parce qu’elle ne voulait voir qu’eux, B), parce que les femmes sentent les manipulatrices et que nous savons, en général, les éviter. Bizarrement, quand elle s’est elle-même sentie en danger, c’est pourtant une autre femme qu’elle a appelé.

Comme la dépression me narguait, à force de ne voir que des pixels et une Maloena aussi infâme, je suis tout naturellement allée la rejoindre. La manipulation ? J’adore en redemander. C’est de famille.

La violence mentale et psychologique, un schéma éclairant.

A mon arrivée au nouveau bar, j’ai trouvé Maloena… différente de d’habitude. Elle a passé la soirée entière à me toucher les cheveux, par exemple. Assis à côté d’elle, son nouveau mec lui imposait de se taire à grands coups de « oh, je parle ».

Effectivement, il blablatait comme à son habitude sur sa personne préférée : lui-même. Pendant des heures. Sans s’arrêter. Sauf pour occasionnellement asséner à son autre ami, aussi présent, de fermer sa bouche. A grands coups de « oh, le gros, tu te tais ! ».

Un charmant personnage, comme vous le voyez.

Il savait cependant qu’avec moi, ça ne passerait pas. Les narcissiques et autres membres de la dark triade sont rarement stupides, bien au contraire. Si j’étais retenue de dire les termes à Maloena par manque d’argent (vous pouvez m’éviter le retour à la rue par ici, si vous vous sentez généreux), je n’avais pas les mêmes limites avec lui. Je ne lui devais rien.

La pauvreté est une prison… exactement comme le cercle de la violence.

Voyez-vous… Je commençais à en avoir marre. De mentir pour une manipulatrice pareille, d’être en danger à cause de la pauvreté, de ne pas voir le bout de la précarité. Du coup, ben, j’ai braqué la lumière de mon téléphone dans les yeux de Maloena.

Puis je lui ai demandé confirmation de ce que je savais déjà.

Yup, elle aussi avait tapé dans la cocaïne.

Manquait plus que ça.

Quand les victimes se rebellent… rien ne change

Quand les victimes ouvrent la bouche, la majorité du peuple les pousse à se taire. Pourquoi ? Parce que la population est faible et sait que défendre l’outsider, c’est devenir la prochaine cible des vrais oppresseurs.

Une histoire que j’ai vécue en France, puis qui s’est reproduite au Brésil.

Comme je vous l’ai dit, tout est lié, tout est connecté. Les cercles se forment et se reforment, tant que la situation de base n’est pas changée. Dans mon cas, c’est la pauvreté qui me retient prisonnière.

En revanche, elle n’a jamais réussi à me faire taire définitivement. Je finis toujours par retrouver le courage de dénoncer, comme je le fais par exemple sur ma page Youtube.

J’ai donc fini par tout déballer à tante Grazie. Parce que je n’en pouvais plus, parce que tante Grazie était la seule à voir clair dans cette famille, parce que je ne suis pas une menteuse. Parce que j’en avais marre qu’on me force à l’être. Et parce qu’au moins, si Maloena venait à mourir de ses actions, ce ne serait pas pour ma conscience. Parce que moi, j’en ai une.

Les spécialités des pervers narcissiques

Forcément, suite à la levée des armes qu’a provoquée tante Grazie…

Maloena m’a accusée, MOI, de mentir.

Honnête, envers et contre tous (et toutes si nécessaires)

Une technique classique des narcissiques consiste à accuser les autres de faire ce dont on se rend soi-même coupable. Sans aucune surprise, j’ai donc vu Maloena m’attaquer…

Et sa mère me dire :

« La prochaine fois, fais tes reproches directement à Maloena, plutôt que d’aller parler à tata Grazie. Tu sais, elle exagère tout… »

L’aveuglement volontaire fonctionne, comme nous l’avons vu, comme moyen de ne pas réaliser ses propres torts. En refusant de me croire (« non, ma fille ne prend pas de drogue »), et en reversant la faute sur l’hystérie potentielle de tante Grazie, la mère de Maloena s’absolvait de ses manquements. En ayant toujours dorloté Maloena, qui n’avait jamais eu à vivre seule ni à affronter la faim ou la difficulté financière, elle avait fini de créer un monstre. En exilant tante Grazie, elle pouvait vivre dans une illusion perpétuelle.

Maloena s’est chargée de me refaire le portrait mental, à grands coups de

  • « tu as rompu ma confiance »,
  • « je ne sais pas si je te peux te confier des choses, maintenant »,
  • « si quelqu’un d’autre me faisait ça, je le jetterais dehors ».

Des menaces à mots couverts qui n’avaient plus d’impact. Tante Grazie m’avait depuis certifié que « chez elle, ce n’était pas chez Maloena. Elle n’a pas son mot à dire. Et tu seras toujours la bienvenue ici. »

La loyauté, ça paye – quand elle est bien distribuée. Je ne devais rien à Maloena, au final. Surtout pas de mentir et trahir mes valeurs pour elle. Mais comme toutes les victimes entraînées à se soumettre aux pervers narcissiques, j’avais mis du temps à le voir.

La violence, ce n’est pas que des coups de poing.

Après m’avoir noyé de paroles sur fond de « tu sais, tante Grazie, elle n’est pas digne de confiance en plus… tu lui dis quelque chose sur toi, je te garantis qu’elle le déformera et reviendra nous le raconter en exagérant tout. Je dis ça pour toi, hein ! », Maloena est revenue à son seul hobby : boire des litres d’alcool en matant des influenceurs tous plus capitalistes les uns que les autres.

Comme je vous le disais : pas de personnalité propre. C’est ainsi que naît un narcissique. Ils ne peuvent se construire… qu’à travers l’autre. Généralement en le salissant, ou en l’exploitant. Incapables de s’aimer eux-mêmes, ils se nourrissent du malheur d’autrui pour combler leur vide intérieur.

Les femmes qui préfèrent les hommes : des femmes qui ne s’aiment pas elles-mêmes ?

Comme nous l’avons vu, la nuance est plus grande que cela. Svetlana préfère les hommes, à cause d’un certain nombre de symptômes d’une société malade, dont elle n’a probablement pas conscience – ou ne veut pas avoir conscience :

  • La sécurité relative d’être entourée d’hommes
  • Des préjugés inconscients sur sa propre condition de femme
  • Son amour des hobbies dits « masculins », une fois de plus lié ou non à ces préjugés inconscients
  • Le patriarcat et le capitalisme, occupés à détruire l’image féminine depuis trop longtemps
  • Sa propre capacité à mener le groupe (et pour cela, nous l’admirons), la ramenant sans qu’elle le sache à sa nature de femme : dominante.

Svetlana est parfaitement en mesure de s’apprécier pour ce qu’elle est, et nous aussi. Je reste et demeure une grande fan de la femme qu’elle est, tout en ayant plus d’ouverture sur le féminisme et sa nécessité – de par mon histoire, toujours racontée dans mon livre Omertà.

Maloena, par contre, préfère les hommes car elle ne connaît que le mensonge et la manipulation. Elle s’en nourrit, ainsi que de l’attention que lui offrent les situations périlleuses dans lesquelles elle se jette elle-même.

ll serait trop simple de la résumer par les mots « pick me ». Parce que l’existence de telles femmes naît, une fois de plus, d’une société contre-nature : celle du patriarcat capitaliste.

J’avancerais même l’argument que les psychopathes, sociopathes et narcissiques aussi, sont l’œuvre de ce système inhumain. Ou, qu’en tout cas, les taux affolants de personnes issues de la dark triade sont exacerbés par un monde qui les met en avant. Puisque nous sommes capables de vénérer des milliardaires clairement composés d’égoïstes esclavagistes, rien ne nous arrête sur le chemin de la défense des pervers narcissiques et autres joyeusetés.

Ce. Sont. Les. Mêmes.

Comme je l’ai déjà dit, la plupart des êtres humains sont faibles et peureux. Nous le voyons dans les cours de récré, où les victimes sont esseulées ; nous le voyons dans nos familles, en France comme au Brésil et partout ailleurs, où les seuls honnêtes et courageux sont ostracisés. Nous l’avons vu en 1940, alors que la France livrait les juifs ; nous le voyons maintenant, alors qu’Israël commet un génocide dans l’impunité totale.

Pour nous libérer du joug des vampires qui forment « l’élite de la nation » et une bonne partie de son peuple dans un monde à l’envers, nous devrons nous unir. Nous ne sommes pas nombreux, mais oui, ensemble, on est plus fort.

Pourquoi croyez-vous que le camp d’en face se réunit sur des îles perdues pour faire des rituels sataniques ?

L’union fait la force.

Sur ce, si vous avez un peu de force à envoyer, je l’accepte. Le Royaume de Macaron va me coûter de l’argent que je n’ai pas pour sa publication, et j’ai vraiment envie de vous le présenter. Voici mon Paypal, dans le cas où vous auriez une pièce à donner :

Paypal de Lucie Vandecandelaère, autrice, et vraiment pas gâtée par la vie

Merci.

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